Orange : « aucune crédibilité dans le projet fibre de SFR »

jean-luc Jacquin/ décembre 5, 2017/ Non classé

A l’occasion du salon des Maires, Cyril Luneau, directeur des relations avec les Collectivités locales souligne que l’opérateur historique a pacifié ses relations avec les élus via un changement d’approche. Et en profite au passage pour étriller les ambitions de son concurrent.

« Nous vous avons compris ». C’est en substance le message qu’a voulu faire passer Orange aux collectivités et aux élus lors de cette édition 2017 du Salon des Maires où l’opérateur historique est venu en force.

Il faut dire que les relations entre Orange et les élus n’a pas toujours été au beau fixe avec d’un côté une impatience forte de couverture et de services pour les administrés et de l’autre, une proposition pas toujours adaptée à ces demandes et une posture peut-être perçue comme arrogante. Bref, Orange et les collectivités avaient bien du mal à se parler.

Mais à l’heure de l’aménagement très haut débit du territoire, les choses auraient changé. C’est ce qu’est attaché à démontrer Cyril Luneau, directeur des relations avec les Collectivités locales d’Orange lors d’un échange avec la presse.

« Nous sommes à l’offensive sur les collectivités et nous avons changé d’attitude. Il y a eu dans le passé beaucoup de mécontentement et des frictions. Nous sommes plus à l’écoute, plus humble et conscient des impatiences de couverture. Les élus souffrent de cette problématique d’attractivité à cause d’une couverture haut/très haut débit parfois défaillante. Aujourd’hui, on ne défend pas notre forteresse, on écoute et on tient nos promesses. Nous ne sommes plus contre les collectivités, nous sommes tout contre. On n’impose plus de solutions trop globales, on prend en considération les demandes spécifiques ».

Il faut dire qu’Orange déroule méthodiquement sa feuille de route. Après la couverture des zones très denses en fonds propres, la couverture de la zone AMII (« nos objectifs de couverture seront atteints comme prévu en 2020 », souligne le responsable), le groupe se concentre désormais sur les réseaux d’initiative publique où il compte bien accélérer seul ou avec d’autres comme Free.

« Nous avons déployé 9 millions de prises et nous sommes désormais sur un rythme de 2 millions de nouvelles prises pour 2017. Nous tenons notre calendrier quelles que soit les zones à couvrir. Bien sûr, ce n’est pas encore parfait mais les maires s’aperçoivent que les choses se font. Parce que aussi, certains de nos concurrents font illusion », assène Cyril Luneau.

C’est évidemment SFR et sa volonté de fibrer seul la France sans subventions même dans les RIP qui est visé. « Il n’y aucune crédibilité dans ce projet, financière ou technique. Les élus vont vite le savoir et cela ne changera rien à nos objectifs », poursuit le responsable.

Reste que les RIP deviennent un enjeu de taille pour les opérateurs. Bouygues Telecom pousse ses pions avec TDF et Covage notamment. « C’est vrai que nous revoyons nos ambitions à la hausse dans les RIP. Nous étions concentrés sur les zones très denses mais aujourd’hui on accélère en zone peu dense avec une nouvelle proposition de valeur moins décalée que dans le passé. Ca nous permet de renouer un vrai dialogue avec une offre mieux dimensionnée. Ca fonctionne puisque nous avons récemment signé dans les départements de la Vendée, Mayenne, Moselle, Charentes Maritimes, Orne et dans le Gers ».

Rappelons qu’Orange a également décidé de réintégrer la FIRIP (la fédération des industriels des RIP) au moment où SFR en a été viré. Bref, l’opérateur historique entend bien s’offrir la plus belle part du gâteau au grand dam des acteurs nationaux ou régionaux. Et ne lâchera rien non plus dans la zone moyennement dense (AMII) où il a en charge 80% des déploiements.

Un partage contesté par SFR, Bouygues Telecom et même l’Arcep plaide une renégociation. En fait, pour certains observateurs, les annonces de SFR visent avant-tout à faire bouger les lignes à ce niveau là en poussant au redécoupage. « Hors de question », lance Cyril Luneau. « Il y a un plan, un calendrier pour 2022 que nous allons tenir. Nos engagements sont mêmes opposables, cela veut bien dire qu’on est sûr de nous. Six ans après, on ne peut pas changer les règles du jeu.

Source : www.zdnet.fr/actualites/orange-aucune-credibilite-dans-le-projet-fibre-de-sfr-39860490.htm