Fibre : Orange exclut tout repartage de la zone AMII

jean-luc Jacquin/ janvier 2, 2018/ Non classé

Réseaux : La bataille pour le déploiement des zones moyennement denses fait rage. Le principal concerné ne veut rien savoir, arguant d’un contrat privé.

Avec les réseaux d’initiative publique (RIP), la zone AMII semble être le nouveau cheval de bataille des opérateurs engagés dans la fibre optique. Cette zone rassemble les villes moyennement denses, soit 12 millions de foyers. Rappelons qu’elle a été « partagée » entre Orange et SFR. Le premier ayant obtenu 80% des déploiements à réaliser. Le second 20%. Mais SFR et Bouygues Telecom contestent ce partage exigeant pour l’un d’avoir plus (50%). Et pour l’autre d’entrer dans la partie.

Tout d’abord, le régulateur souligne au Sénat que les objectifs ne tiennent pas. « Les simulations de l’Arcep montrent en effet que le rythme actuel des déploiements d’Orange et de SFR ne permet pas d’envisager la couverture intégrale de la zone « AMII » en 2020. Comme ces opérateurs s’y étaient engagés en 2011. C’est alors qu’Orange doit accélérer son rythme de déploiement trimestriel de plus de 60 %, SFR de plus de 70 %. Un repartage de la zone AMII entre les opérateurs privés souhaitant investir et assorti d’engagements juridiquement opposables permettrait d’accélérer les déploiements de fibre optique et l’atteinte de de l’objectif de 2020 ».

Pragmatique, l’Autorité suggère donc un repartage rapide de cette zone. Ce qui constitue une bonne nouvelle pour SFR et surtout Bouygues Telecom. « Nous sommes très intéressés par l’idée que le partage dans ces zones soit à nouveau évoqué afin de faire de la place à d’autres acteurs. Si c’était le cas, nous prendrions part à ces déploiements. Les conditions sont aujourd’hui réunies pour en rediscuter. » affirme un dirigeant de l’opérateur.

Le principal acteur dans cette affaire, Orange, conteste en bloc ce constat et ces demandes. D’abord, l’opérateur historique souligne qu’il tiendra ses objectifs. Interrogé lors du salon des maires, Cyril Luneau, directeur des relations avec les Collectivités locales d’Orange indique : « nos objectifs de couverture seront atteints comme prévu en 2020 ». Et d’ajouter : « Nous tenons notre calendrier quelles que soit les zones à couvrir. »
Concernant un éventuel repartage de la zone AMII, Orange a plusieurs fois affiché son opposition, une fois encore répétée par Pierre Louette lors du point annuel de la FFT (Fédération française des télécoms). « On ne peut pas défaire un contrat signé entre deux acteurs privés », assène le directeur exécutif. « Il y a une répartition des efforts, SFR a pris du retard et a repris ses déploiements. Orange n’est pas en retard ».

Quant au constat du régulateur… « L’Arcep a une opinion sur tout mais ne s’est pas occupé de cette question quand il le fallait »… L’Autorité appréciera.
Reste qu’avec 70% des lignes déployés et des ambitions revues à la hausse dans les RIP, Orange risque bien de faire encore grincer des dents du côté des plus petits acteurs, notamment régionaux. Certains dénoncent ainsi la reconstitution d’un monopole dommageable pour la concurrence.