Couverture fixe et mobile : le coup de gueule d’un maire contre les opérateurs

jean-luc Jacquin/ décembre 5, 2017/ Non classé

Jean-Pierre Fourlon habite une petite commune des Pyrénées-Orientales. Selon lui, les cartes fournies par l’Etat et les opérateurs présenteraient une situation très embellie et éloignée de la réalité vécue sur le terrain.

« Intolérable », « frustrant », « il y a urgence ». Au salon des maires et des collectivités locales qui se tient cette semaine à Paris, le constat est partagé par tous. La France est en retard en matière de couverture numérique et le plan France Très Haut Débit doit passer à la vitesse supérieure. Aussi, les élus locaux sont venus en masse à l’atelier organisé ce 22 novembre sur le très haut débit. Et les anecdotes ubuesques sont nombreuses. Comme celle de ce maire d’une commune de moyenne montagne… Qui a mis 10 ans pour obtenir l’autorisation de construire un pylône destiné à accueillir des antennes mobiles. Mais c’est le témoignage de Jean-Pierre Fourlon qui a retenu notre attention.

Un décalage absolu entre les cartes et la réalité du terrain

Il est maire de Caudiès-de-Fenouillèdes, une commune aux frontières du département des Pyrénées-Orientales. Un village de 640 habitants au cœur de la campagne occitane, situé à seulement une quarantaine de kilomètres de Perpignan. Très remonté, notre homme n’a pas hésité à interpeller le secrétaire d’Etat à la Cohésion des territoires Julien de Normandie. « Jusqu’à quand va-t-on se payer notre tête ? », a-t-il vitupéré, aussitôt acclamé par d’autres élus dans la salle. En cause, les cartes de couverture numérique fournies par les opérateurs et l’Etat. En fait, « Il y a un décalage absolu entre la réalité des dessertes qui est ressentie par les gens et les cartographies qu’on met sur la place publique. X % de la population est desservie en haut débit et X % est desservie en téléphonie mobile. C’est faux et ça explique pourquoi les gens sont si virulents », nous explique-t-il à la sortie de l’atelier.

Impossible de passer un appel depuis la mairie

En fait, la réalité sur le terrain est toute autre. « On ne peut pas passer d’appel mobile depuis la mairie et la dernière fois qu’on a été mis en alerte par la Préfecture, je n’ai reçu les 13 appels que le lendemain, en montant sur un toit du village après la tempête », témoigne-t-il. « Lorsqu’on a fait un exercice de mise en sécurité des enfants à l’école, les institutrices n’ont pas pu appeler la gendarmerie avec un téléphone mobile comme la procédure le prévoit », ajoute-t-il encore. Il ne comprend pas non plus que ce soit les opérateurs qui fournissent leurs propres cartes de couverture à l’Arcep. Même si cette dernière procède à des vérifications locales.

Le gouvernement semble prendre conscience du problème. Julien Denormandie évoquant ce matin « un grand malentendu » entre les chiffres parfois flatteurs et le ressenti de la population. L’Arcep aussi, qui a engagé un grand travail de crowdsourcing pour prendre en compte, par exemple, les données des applications mobiles installées sur les smartphones de la population. Une petite révolution est donc en marche.

En attendant à Caudiès-de-Fenouillèdes, les habitants pâtissent d’une mauvaise couverture. Mais en plus ils doivent payer plus cher que dans les grandes villes pour y pallier, recourant souvent à des offres satellitaires. Une double peine, en quelque sorte.

Source : www.01net.com/actualites/adsl-et-4g-le-coup-de-gueule-d-un-maire-contre-les-operateurs-1309895.html#?xtor=EPR-1-[N-Actus]-20171122